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10 août 2012 5 10 /08 /août /2012 09:00

http://correcteurs.blog.lemonde.fr/2012/08/09/ni-rog-ni-sus-ni-tiret-exercez-vous-a-lart-de-la-ponctuation/

 

Nous avons "déponctué" les six passages qui suivent, tirés de textes littéraires divers des XVIIIe, XXe et XXIe siècles. Si vous acceptez cette (ardue) mission, vous devrez les "reponctuer". Ne s'y trouvent qu'une seule citation (avec guillemets) et un seul point d'exclamation (clam) ; nul point d'interrogation (rog) ni de suspension (sus), nul tiret, nulle parenthèse. Vous ne vous servirez que des seuls point, virgule, point-virgule et deux-points : la ponctuation à l'état pur, sans fioriture, presque cornélienne (dans sa correspondance, Corneille n'utilisait que le point et la virgule).
Il faudra rétablir également les majuscules de début de phrase, qui appartiennent à la ponctuation.

Les textes se présentent dans l'ordre chronologique. Pour le premier, c'est la ponctuation d'époque que vous devez retrouver, mais rien ne vous empêche de retrouver aussi celle "revisitée" des éditions modernes. Nous publierons ultérieurement en guise de corrigé les versions non déponctuées. [En bas de la note, vous trouverez, pour commencer, le texte 1 avec sa ponctuation]

1. – L'idée du plaisir fut à mon entrée dans le monde la seule qui m'occupa la paix qui regnoit alors me laissoit dans un loisir dangereux le peu d'occupation que se font communément les gens de mon rang & de mon âge le faux air la liberté l'exemple tout m'entrainoit vers les plaisirs j'avois les passions impétueuses ou pour parler plus juste j'avois l'imagination ardente & facile à se laisser frapper.

(Les Egaremens du cœur et de l'esprit, Crébillon fils ; exemplaire édité en 1748, à La Haye. Première édition : 1736.)

2. – Sous les tiraillements violents de son estomac depuis longtemps délesté Goupil s'éveilla parmi le désarroi morne du terrier une aube candide riait derrière sa faille de roc les bourgeons s'épanouissaient des gammes de verdure propageaient la joie de vivre sous le soleil et les concerts des rouges-gorges et des merles emplissaient l'espace d'une symphonie de liberté qui devait énerver horriblement les oreilles du captif.

(Louis Pergaud, De Goupil à Margot. Livre de poche, 2012, page 13. Ce livre a été le prix Goncourt 1912. LP est aussi l'auteur de la Guerre des boutons.)1918

3. – Rien ne devrait m'assombrir plus que ce que tu me dis des hommes de leur sottise de leur instinct de saccage mais tu me rappelles un peu ma belle-sœur qui au moment de la chute du franc s'étonnait à neuf et en détail de la hausse de chaque marchandise ce matin la botte de radis est à quinze sous il faut en prendre son parti l'humanité telle qu'elle est encore est une triste chose.

(Correspondance André Gide-Jean Malaquais, Phébus, 2000, pp. 105-106. Lettre du 29 octobre 1939, de Gide. Malaquais est alors aux armées.)

4. – Le départ de mon père annoncé par son télégramme le mena dans la Somme à Saint-Mard-les-Triots il y arriva le matin du 2 octobre le soir il était tué d'une balle dans la tête au moment où il sortait de la tranchée il n'avait rien vu de la guerre.

(Jeanne, Jacqueline de Romilly. Livre de poche, 2012. P. 49. Ce livre a été écrit à la fin des années soixante-dix. Faut-il préciser que la guerre dont il est question ici est celle de 1914-1918 ?)

5. – De son bureau il regardait le fleuve le jour déclinait des ombres obliques striaient un tapis au pied d'un fauteuil la Seine était large calme miroitante le soleil couchant colorait l'eau verte en orange puis mauve à l'horizon à l'endroit où le lit du fleuve fait un coude dans la forêt.

(Célia Houdart, Le Patron, POL, 2009. Ces lignes sont le début du roman. Célia Houdart a déjà toute une œuvre de romancière derrière elle. Et un correcteur dans sa famille

6. – Ça s'était fait va savoir comment comme se font les choses j'entendais pas bien j'entends jamais tout à fait bien cette putain d'oreille justement qui s'était envoyée en l'air dans le fracas d'une bombe ricaine et n'en était jamais redescendue.

(François Cavanna, Lune de miel. Folio, 2011. Là aussi, il s'agit du début de l'œuvre. Nous sommes à Berlin en 1944.)

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Quelques notes sur le sujet :
le triste fatum de la ponctuation
div, rog, clam et sus : fantaisie typographique
Saramango, José, ou la ponctuation épurée

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"Corrigé"

1. – L'idée du plaisir fut, à mon entrée dans le monde, la seule qui m'occupa. La paix qui regnoit alors, me laissoit dans un loisir dangereux. Le peu d'occupation que se font communément les gens de mon rang & de mon âge, le faux air, la liberté, l'exemple, tout m'entrainoit vers les plaisirs : j'avois les passions impétueuses, ou, pour parler plus juste, j'avois l'imagination ardente & facile à se laisser frapper.

La virgule après "alors", virgule "respiratoire", est la plus étonnante pour nous, qui ne ponctuons plus que d'après la syntaxe. Il est probable qu'elle ait sauté dans les versions modernes. Selon les canons actuels, une virgule ne doit pas venir s'intercaler entre le sujet et son verbe.

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 11:13

Voici ce que je viens de réviser :

 

Le groupe nominal : le pluriel des noms

 

 

I.                   Morphologie du nom : le pluriel

 

Le pluriel des mots en –au ou –eau, -eu ou –eux, se forme avec un –x

Sauf : landaus, sarraus, lieus (poissons), pneus, bleus, émeus.

Noms en –al, leur pluriel est en –aux. Sauf pour : bals, chacals, cals, carnavals, chorales, festivals, narvals, récitals, pals, régals.

Cependant, quelques noms admettent les deux formes : idéals/idéaux, vals/vaux, étals/étaux

Noms en –ail, leur pluriel est en –s. Sauf pour : baux, coraux, émaux, fermaux, soupiraux, travaux, vantaux, vitraux.

Noms en –ou, leur pluriel est en –s. Sauf pour : bijoux, cailloux, choux, genoux, poux, hiboux, joujoux.

 

II. Autre particularité

 

Le nom « bétail » est un nom collectif qui n’a pas de pluriel, le nom « bestiaux » étant le pluriel d’un ancien nom, « bestial ».

Le pluriel est différent pour 3 noms selon le contexte :

ü  Aïeuls s’emploie pour les grands parents, et aïeux pour les ancêtres.

ü  Ciels et cieux : on emploie « ciels » lorsqu’on parle d’un sujet ou motif de tableau (les ciels de Corot), et dans le nom composé des « ciels de lit ».

ü  Œil fait « yeux » sauf dans les noms composés comme « oeils de perdrix » ou « oeils de bœuf ».

Certains noms n’ont pas de singulier : archives, catacombes, confins, dépens, entrailles, fiançailles, mœurs…

Il n’y a pas de pluriel pour :

-la matière (l’or, la chaux…)

-les noms abstraits (la vaillance)

-les noms de sciences ou d’arts (la chimie, la peinture…).

 

III. Le pluriel des noms propres

 

Les noms propres ne portent pas de marque de pluriel (les Durand) sauf si ce sont :

-des noms de dynastie (les Bourbons)

-des noms à la valeur de symbole (les harpagons, les mécènes) d’où l’absence de majuscule

-des noms de plusieurs pays (les Amériques, les Flandres)

-des noms d’habitants (les Russes, les Grecs) et majuscules pour les différencier de l’adjectif.

 

IV. Le pluriel des noms composés

 

1.      Ecrits en un seul mot, ils suivent la règle du pluriel : des gendarmes, des pourboires, des portemanteaux.

Pluriels particuliers : messieurs, mesdames, messeigneurs, bonshommes, gentilshommes…tout se met au pluriel.

2.      Ecrits en plusieurs mots : il faut tenir compte de la nature des mots qui composent le nom composé, mais il faut aussi raisonner :

a.       Nom + nom : l’accord se fait selon le sens et la fonction des deux noms :

« des peintres-tapissiers, des choux-fleurs » : les deux noms sont coordonnés ou apposés donc tous deux s’accordent.

b.      Si le deuxième nom est complément du nom : des boîtes aux lettres (= des boîtes pour LES lettres), des timbres-poste (= des timbres pour LA poste)

c.       Nom +adjectif : l’accord se fait entre les deux mots, comme pour un adj. Epithète et un nom : des coffres forts, des basses-cours…

d.      Adverbe ou préposition + nom : seul le nom s’accorde, l’adverbe ou la prép. Restent invariables comme toujours : des avant-gardes, des en-têtes…

e.       Nom abrégé en –i ou –o + nom : seul le second élément s’accorde : des anglo-saxons

f.       Adjectif + adjectif : l’accord se fait : clairs-obscurs…

Certains noms composés sont formés avec un verbe. Le pluriel des verbes ne convenant pas au nom, cet élément verbal va rester invariable, à la différence de l’autre élément qui peut varier : verbe + nom : le verbe est invariable et le nom s’accorde selon le sens : des porte-monnaie (pour la monnaie), des porte-cigarettes (pour les cigarettes).

Verbe + nom ou pronom avec préposition : invariable : des touche-à-tout

Verbe + adverbe : invariable (l’adverbe étant toujours invariable) : des passe-partout.

Verbe + verbe : rien ne s’accorde : « les laisse passer », des « va et vient »

 

V. Pour les groupes nominaux comportant un complément du nom

 

Des problèmes de nombre peuvent se poser dans les GN constitués d’un nom suivi d’un complément du nom. En général le raisonnement permet de les résoudre.

Un châle à franges

Un meuble d’ébène

On peut écrire indifféremment selon qu’on considère « brique » et « pomme » sous l’aspect nombrable ou indénombrable :

Un mur de briques OU un mur de brique

Une compote de pommes OU une compote de pomme.

 

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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 09:53

De bon matin, j'ai travaillé ces notions ^^

 

Synonymes, antonymes, hyperonymes, hyponymes

 

  1. Synonymes
  2. 

On appelle synonymes des mots qui ont presque le même sens, ou qui ont un sens équivalent. Ils sont de même nature grammaticale : un nom a pour synonyme un nom, un verbe a pour synonyme un verbe.

Ex : rester/demeurer

Mort/trépas

Arrêt d’autobus/station d’autobus

Comme l’exemple des mots « mort » et « trépas » le montre, les synonymes sont rarement absolus ; c’est-à-dire interchangeables dans n’importe quel contexte ; la synonymie est donc le plus souvent partielle et ne fait coïncider que l’un des sens (ou signifiés) d’un mot avec l’un des sens d’un autre ; deux mots sont synonymes dans un certain contexte.

De légères nuances de sens les différencient presque toujours, par exemple à l’unité de signification (sème) « gaieté » de l’adjectif « gai », l’adjectif « jovial » ajute un sème « d’enjouement communicatif » ; guilleret s’applique à un été de vivacité euphorique.

Les synonymes permettent donc souvent d’exprimer différentes nuances :

-l’intensité : détester/exécrer

-le niveau de langue : mort/trépas, exagéré/immodéré

Dans un autre contexte, chacun des mots peut avoir des signifiés différents qui rendront l’échange des deux mots impossible.

Ex : La pluie a imposé l’arrêt des travaux. La station debout a permis de libérer les mains de l’homme pour d’autres utilisations.

Dans cet exemple, les deux termes « arrêt » et « station » ne sont pas synonymes.

Un groupe de mots synonyme d’un seul mot s’appelle une périphrase ; celle-ci peut-être porteuse d’une intention et/ou créer un effet de style.

Une phrase synonyme d’une phrase plus courte s’appelle paraphrase.

 

                        2. Antonymes

 

 

On appelle antonymes des mots de sens contraires. Ils sont de même nature grammaticale. Un nom a pour antonyme un nom, un verbe a pour antonyme un verbe.

Sympathie/antipathie

Accuser/absoudre

 

L’antonymie (opposition) existe entre deux mots qui ont :

-des racines différentes : riche/pauvre ; perdre/gagner

-une même racine +suffixe de sens opposé : bibliophile/bibliophobe

-une même racine + préfixe de sens opposé : concorde/discorde

Les préfixes négatifs sont essentiellement antonymiques :

content, inconcevable.

 

L’antonymie peut marquer :

-le degré (micro/macro ; hyper/hypo)

-le nombre (mono/poly ; uni/bi)

-l’espace (intra/extra)

-le temps (néo/paléo ; anti/post)

Tout mot peut devenir l’antonyme d’un autre si la situation ou le contexte fait de leurs signifiés un ensemble binaire : le corbeau et le renard (dans la fable)

Comme les synonymes, les antonymes sont le plus souvent polysémiques et ne s’opposent que dans certains de leurs sens : raison a pour antonyme tord dans « avoir raison » , mais non dans « avoir une bonne raison ».

 

 

                     3.      Hyperonymes et hyponymes

 

 

Un hyperonyme est un mot générique, c’est-à-dire qui renvoie à un genre au sens de « catégorie » : le nom « fauve » est un hyperonyme de « lion » (mais aussi de tigre…).

 

Comme les synonymes, les hyperonymes jouent un rôle particulièrement important dans l’utilisation des substituts.

Ce sont les reprises anaphoriques les plus fiables, celles qu’on peut opérer dans tous les cas. Ils peuvent éventuellement être accompagnés d’une expansion, ce qui peut être intéressant à commenter.

La cigale chate tout l’été. Cet insecte ailé familier de la Provence…

Dans cet exemple, les expansions de l’hyperonyme insecte apportent des précisions sur l’hyponyme cigale.

 

Un hyponyme est donc l’un des éléments de l’ensemble désigné par l’hyperonyme.

-cigale ou fourmi sont des hyponymes d’insecte.

-rose ou œillet sont des hyponymes de l’hyperonyme fleur.

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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 10:13

La composition

 

La composition consiste à créer des mots nouveaux par juxtaposition de mots existant déjà dans notre langue, ou d’éléments empruntés aux langues anciennes. Notre vocabulaire, constitué à l’origine de mots hérités du latin et de mots empruntés à d’autres langues, n’a cessé de s’enrichir par composition.

La composition procède par :

 

-juxtaposition ou coordination : les mots ainsi composés sont de formation française :

Un chou, une fleur : un chou-fleur

Rouge, la gorge : un rouge-gorge

Une canne, à (préposition) sucre : une canne à sucre

-combinaison d’éléments grecs ou latins : On parle alors de mots de composition savante ou de composition gréco-latine.

Aqueduc (latin aqua (l’eau) + ducere conduire)

La composition permet de créer des mots de différentes natures :

-noms : salle à manger, hexagone, millimètre

-adjectifs : sourd-muet, clairvoyant, anthropophage

-verbes : maintenir, philosopher, téléphoner

-locutions adverbiales : avant-hier, à la légère

-locutions conjonctives : avant que, par conséquent

-locutions prépositives : en face de, grâce à

 

  • Les mots de composition française

Les mots composés constituent des mots nouveaux, ils ont un sens qui leur est propre, différent, différent de celui de chaque élément qui les compose. « canne à sucre » à un sens différent de « canne » d’une part et de « sucre » d’autre part.

On peut donc reconnaitre les mots composés grâce aux critères suivants :

-si on sépare les éléments qui constituent un mot composé, le sens est modifié :

Une canne / une canne à sucre

Clair/clairvoyant

Sourd/sourd-muet

-on ne peut intercaler un élément supplémentaire entre les éléments qui constituent un mot composé :

Une pomme de terre/une pomme de *bonne*terre

-on ne peut remplacer aucun élément d’un mot composé par un autre. On ne peut remplacer chemin par voie dans « chemin de fer » on ne dit pas « voie de fer », on ne peut pas remplacer nuit par jour dans « une chemise de nuit » on ne dit pas « une chemise de jour ».

  • Comment sont formés les noms et les adjectifs composés de formation française

 

  1. a.      Un nom composé peut-être formé de :

-deux noms en juxtaposition : wagon-lit, chou-fleur

-deux noms dont le second complète le premier, avec ou sans préposition : canne à sucre, eau-de-vie, timbre-poste

-un nom et un adjectif (ou un participe) : morte-saison

-deux adjectifs : clair-obscur

-un verbe et son complément : ramasse-miettes

-deux verbes : laissez-passer

-un mot invariable et un nom : arrière-saison, en-tête

-un adverbe et un participe : bien-fondé

-une expression : pied-à-terre, tête-à-tête

-une phrase entière : qu’en dira-t-on, rendez-vous

 

  1. b.     Un adjectif composé peut être formé de :

-deux adjectifs : clairvoyant, aigre-doux

-un adjectif et un participe : ivre-mort

-un adjectif de couleur et un nom : bleu marine, jaune citron

 

  • Les mots de composition gréco-latine

Comme les mots de composition gréco-latine sont souvent écrits en un seul mot, on ne perçoit pas toujours qu’il s’agit de mots composés d’éléments distincts.

Autant il est facile de différencier dérivation et composition dans des mots français, autant cette distinction n’est pas toujours évidente pour les mots de composition gréco-latine.

Les mots composés à partir de deux mots grecs ou latins se distinguent des mots dérivés au moyen de préfixes et suffixes grecs ou latins par les 2 critères suivants :

-les éléments grecs ou latins utilisés dans la composition ont généralement un sens précis et unique :

Ce n’est pas le cas des préfixes ou des suffixes : le préfixe « re » du latin peut signifier « complètement » dans remplir, « de nouveau » dans rouvrir, « en arrière » dans revenir.

L’élément anthropo signifie toujours homme.

-un même élément peut être employé comme élément initial ou final d’un mot composé. En revanche, un préfixe ne peut jamais être employé comme suffixe et vice-versa.

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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 09:08

La dérivation

 

Dans la dérivation, un mot nouveau est forgé à partir d’un autre mot par addition, suppression ou remplacement d’éléments appelés affixes : il s’agit des préfixes et des suffixes.

Préfixes et suffixes s’ajoutent au radical. Les mots ainsi créés se nomment des dérivés.

Exemple : le mot déracinement est formé du préfixe dé-, du radical racine, et du siffixe –ment.

Le préfixe précède le radical, le suffixe le suit.

On appelle dérivés parasynthétiques des mots obtenus par adjonction à la fois d’un préfixe et d’un suffixe simultanément.  Il ne faut pas les confondre avec les dérivés de dérivés : dans le dérivé parasynthétique, si on enlève  le préfixe et le suffixe, on n’aboutit pas à un mot existant en français.

 

Les types de dérivation :

  • ·         La dérivation propre s’effectue au moyen :

-          D’un préfixe : voir : revoir

-          D’un suffixe : maison àmaisonnette

-          D’un préfixe et d’un suffixe : inoubliable

-          De plusieurs préfixes ou suffixes : chiffre à chiffrer àindéchiffrable

 

  • ·         La dérivation régressive s’effectue par suppression d’un suffixe. Elle se fait généralement à partir de verbes et aboutit à un nom. Exemple : galoper donne galop ; embaucher donne embauche

La dérivation régressive  est un procédé toujours vivant,  y compris dans le langage populaire : Il y a eu de la casse (du verbe casser).

Elle a abouti  par le passé à des mots pouvant avoir des radicaux assez différents : avouer a donné aveu.

 

 

  • ·         La dérivation impropre s’effectue sans modification de forme mais par changement de catégorie grammaticale.

-          Un nom propre peut devenir nom commun : un hercule, un frigidaire, un tartuffe…

-          Un nom commun peut devenir un adjectif (des yeux azur),  un pronom (personne n’est venu), une locution adverbiale (par chance), une interjection (Dieu du ciel ! , une prépositioncause de, grâce à ), une locution conjonctive (sous prétexte que, à condition que).

-          -un adjectif peut devenir un nom (substantivation : Le bleu de cette robe me plaît.), un adverbe (vendre cher, crier fort), une interjection (Chic ! Parfait !), une préposition (sauf, plein).

-          Un infinitif peut devenir un nom : le dîner, le sourire, le devoir, le repentir…

-          Un participe peut devenir un adjectif : un enfant ravi, un nom : un aperçu, une préposition : durant le cours.

-          Un adverbe peut devenir un nom : un avant, un arrière, un adjectif (une fille bien, une fille pas mal).

 

Sens et valeur du préfixe dans la formation d’un mot :

L’addition d’un préfixe à un mot, ne change pas, en général, sa classe grammaticale, ais change sa signification : habile/malhabile.

Certains préfixes ont un sens précis : pré- signifie « avant ». (préjugé, préhistoire, prénom…)

Un même préfixe peut avoir plusieurs sens différents : le préfixe –re peut signifier :

-à nouveau : recoller, redire

- « en sens inverse » : revenir, réagir, repartir

-« complètement » : recouvrir, remplir.

Certains préfixes dans certains mots ont perdu toute signification : regarder, réjouir, rencontrer…

Un même préfixe peut présenter des orthographes différentes : c’est le cas du préfixe –in qui devient im- devant p et b (imprévu), il- (illégal), ir- (irréfléchi).

 

Sens et valeurs du suffixe dans la formation d’un mot :

L’addition d’un suffixe à un mot change très souvent la catégorie grammaticale mais ne change pas fondamentalement sa signification. Exemple : égal (adjectif) égalité (nom commun).

L’addition d’un suffixe permet de créer un nom, un adjectif, un adverbe… :

-le suffixe –ment permet de créer un adverbe à partir d’un adjectif.

On peut regrouper les suffixes en fonction de la nature grammaticale du mot qu’ils permettent de créer :

  1. a.      Les suffixes des noms peuvent exprimer :

-une action : promenade, plaidoirie, élevage

-le résultat d’une action : trouvaille, finition, déviation

-une profession : coiffeur, tapissier, dentiste

-un état : esclavage, servitude

Les suffixes d’adjectifs peuvent exprimer :

-une qualité, un caractère : menteur, affectueux.

Les suffixes de verbe peuvent exprimer à la fois une action et un état : verdoyer.

Certains suffixes ont un sens précis, ainsi le suffixe –ible exprime dans tous les adjectifs qu’il permet de former, l’idée de possibilité, de capacité : lisible, sensible, visible…

Un même suffixe peut avoir plusieurs sens différents, ainsi le suffixe –ier peut par exemple désigner un récipient (sucrier, panier), un arbre producteur ou une plante productrice (fraisier, bananier), une profession (pâtissier, glacier).

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